Elsa Morante

Née à Rome en 1912 d’une relation extraconjugale de sa mère, Elsa Morante passe son enfance en compagnie de ses trois petits frères dans le quartier populaire de Testaccio.

Passionnée de littérature, elle commence très tôt à écrire des comptines et des contes pour enfants, des poésies et des nouvelles, publiés de 1933 au début de la Seconde Guerre mondiale dans les revues les plus célèbres de l’époque. Sa rencontre avec Alberto Moravia, qu’elle épousa, fut déterminante. Ensemble, ils intégrèrent le cercle des intellectuels italiens de leur temps, dont faisaient aussi partie Pier Paolo Pasolini (Elsa Morante fait une apparition dans son film Accattone dans le rôle d’une détenue, et effectua avec lui un voyage en Inde), Umberto SabaAttilio BertolucciGiorgio BassaniSandro Penna et Enzo Siciliano.

Le premier roman d’Elsa Morante, Mensonge et sortilège, qui raconte le déclin d’une famille aisée, remporta le prix Viareggio lors de sa parution en 1948.

Son roman suivant traite du même thème, et met au cœur du récit l’écart entre la vie réelle et la mythification de la figure paternelle. Il s’agit de L’île d’Arturo, paru en 1957, lauréat du prix Strega et dont le réalisateur Damiano Damiani tira un film homonyme.

Durant les années 1960, éprouvée par des événements intimes (sa rupture avec Moravia en 1961) et touchée par les inquiétudes de l’époque, elle rédige Pour ou contre la bombe atomique (1965) et le beau roman Le monde sauvé par les gamins (1968). Elle y exprime la confiance envers les « enfants célestes » et célèbre l’utopie d’une existence détachée de toute obligation ou devoir, dont ceux imposés par les sociétés structurées, dans un mélange de poésie, de chansons et de dialogues.

Cependant, son chef-d’œuvre, qui lui valut l’image d’écrivaine représentative du XXe siècle italien, est le roman La Storia, à la fois comme épique et dramatique, qui met en scène une famille pendant la Seconde Guerre mondiale à Rome.

Tous ses manuscrits sont conservés à la Biblioteca Nazionale Centrale de Rome, qui a accueilli deux expositions consacrées à l’écrivaine : la première en 2006 (« Le stanze di Elsa ») et la seconde en 2012 (« Santi, Sultani e Gran Capitani in camera mia »).

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