Villa Aldobrandin

Villa Aldobrandini à Rome

Dans le quartier romain Monti, couchée à l’extrémité du col du Quirinal dominant les Marchés de Trajan, Villa Aldobrandini a été rouverte au public, avec ses marbres anciens, ses peintures magnifiques et un stupéfiant jardin suspendu du XVIIe siècle.

La captivante histoire de Villa Aldobrandini commença en 1566, quand monseigneur Giulio Vitello acheta à Monte Magnanapoli une villa avec un jardin secret et un parc qui s’étendait jusqu’au palais du cardinal Scipion Borghèse (ensuite appelé palais Pallavicini Rospigliosi). Par la suite, cette villa fut restaurée et embellie par l’architecte Carlo Lombardi. En 1600, Clemente Vitelli, fils de Giulio, vendit la Villa au pape Clément VIII qui, à son tour, en fit cadeau l’année suivante à son neveu, le cardinal Pietro Aldobrandini. Ce dernier commissionna des travaux ultérieurs d’embellissement à l’architecte Giacomo Della Porta qui dota le palais d’escaliers, de loges et d’une façade continue donnant sur le jardin, enrichi d’arbres qui existent encore, et il décora les allées avec des statues, des vases, des cippes, des sièges, des fontaines et un bassin peuplé de poissons. Ainsi la villa atteignit le sommet de sa splendeur.

Les étages supérieurs du palais abritaient une collection très riche d’œuvres d’art laissées en héritage au cardinal Aldobrandini en 1598 par la duchesse d’Urbino, Lucrezia d’Este. Après la mort du cardinal, la Villa fut héritée par les familles Pamphilj et Borghèse qui déplacèrent dans les galeries de leurs palais une grande partie de la collection Aldobrandini. Désormais distribuée dans d’autres sièges et musées, la collection offrait une vue de la production picturale italienne de XVIe et du début du XVIIe, avec les tableaux de Giovanni Bellini, Titien, Dosso Dossi et de l’école de Venise et de Ferrare, ainsi que de celle des Carracci, de Raphaël et du milieu romain. Le pavillon du XVIe siècle abritait une peinture d’époque romaine qui représente une scène nuptiale connue sous le nom de Noces Aldobrandini, découverte en 1601, qui se trouve à présent aux Musées du Vatican. Entre 1811 et 1814, la Villa fut habitée par le compte Sextius de Miollis, gouverneur français à Rome, puis elle retourna aux Aldobrandini jusqu’à 1926, quand elle passa à l’État Italien.

Le palais et une partie du jardin furent assignés à l’Institut International pour l’Unification du Droit Privé, tandis que le parc avec les trois pavillons passa à la Commune de Rome qui fit construire en 1938, d’après un projet de Cesare Valle, un escalier pour la nouvelle entrée publique par la rue Mazzarino : pendant les travaux de démolition du mur d’enceinte le long de via Mazzarino on découvrit un vaste site archéologique constitué par la façade monumentale curviligne d’un grand édifice d’au moins deux étages, dans un système de terrasses adossées à la pente de la colline sur laquelle s’élève la Villa.

Les grilles de Villa Aldobrandini se sont de nouveau ouvertes, grâce à la Sovrintendenza Capitolina qui a récupéré les anciennes fontaines, renouvelé le mobilier, réparé le système d’irrigation, refait le dallage, remis en état les sentiers, restauré les marbres anciens et les bases des statues du jardin et récupéré les éléments architecturaux détériorés des pavillons. Les nombreuses espèces d’arbres et de fleurs, comme les camélias centenaires, ont été soignées, et le vaste site archéologique, situé à proximité des Marchés de Trajan, près des principales rues comme Via Nazionale, Largo Magnanapoli et Via Panisperma, a été sécurisé.

Heures de visite : de 7 heures au coucher du soleil

Pour d’ultérieures informations : Sovraintendenza Capitolina

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